Suite et fin de l'interview rêvé de Seb' Jum dans la salle "Mambo" de Tous -les- Mesnils.
Les dessous-chics et chocs de Pandora sont, pour une fois en début d'article

Ci-dessus : moi, dans mes sandales Givenchy avant le Kazatchoc de Rika Zaraï, mais je les ai niquées en dansant!
Ci-dessous : moi après, au repos, les jambes appuyées sur le dossier de la chaise voisine, avec des escarpins prêtés par la présidente du club de Tricotin.

Un petit air venu du Grand Est, vous ne trouvez pas ?
Et voilà le travail !
Après cette mise en appétit slave bien trempée (de sueur !) , on a demandé des diabolos-menthe dans des verres à vodka qu'on s'est sifflés en vitesse parce que le Kazatchoc, vu l'énergie dépensée, ça déshydrate.
Seb' , légèrement essouflé, mais faisant bonne figure m'a initiée au lancer de verres par-dessus l'épaule.
Finalement, mon Omnimaire est très joueur !
J'étais aussi très heureuse de lui découvrir cet aspect dans sa personnalité aux multiples facettes aussi brillantes et mouvantes que celles de la boule disco du thé dansant.
"Za tvoe zdorovie !" M'a dit mon édile de sa voix veloutée.
Ce que je traduirais par "A la tienne ! ".
Et puis la présidente du club de Tricotin elle-même est venue gentiment nous apporter une soucoupe de cornichons de Spree.
(Elle a aussi apporté un sac plastique pour mes Givenchy niquées par le furieux Kazatchoc dont je tentais de me remettre.)
Je profitai de ce remake inattendu de "Good Bye Lenine !" pour habilement brancher la conversation sur Uralchem.
Parce que toud'même, voilà un an qu'on en parle, qu'on en sait toujours rien, que c'est pas franchement un truc à classer dans la rubrique "Développement Durable", mais que ça va créer vingt zemplois.
Je lâchai tout ça à mon premier magistrat de la ville en résistance un peu comme on se jette à l'eau sans savoir nager et sans bouée, m'attendant à de vives réactions, parce que, je le connais, mon Seb' Jum' il est chatouilleux du nitrate transformé.
Il me fixa longuement avant de me répondre :
"Ah ! Uralchem, notre beau projet Uralchem, qui va amener jusqu'aux portes de la ville l' exotisme si particulier des banlieues moscovites ! Un souffle nouveau de dossier bien ficelé va emporter notre ville vers les lendemains qui sonneront le glas des bobos à la critique facile et aux dossiers mal ficelés. Le projet Uralchem qui va imposer à notre insouciance d'Occidentaux, la digne rigueur et l'âpreté du travail en usine. Uralchem qui va faire entrer dans notre Culture dieppoise, culture pas nase, le patrimoine soviétique et les splendeurs du réalisme socialiste. Je vois grand pour Dieppe !!! Je vois des cuves ! Grandes ! Je vois des camions ! Gros ! Je vois des trains ! Longs ! Je vois des bateaux au ventre alourdi comme ceux de la chanson d'Aznavour !
Et cela arrivant par la grande porte, la Zone Sud !
Vous vous rendez compte de la chance que vous avez ? A l'heure où la Crise percute de plein fouet je vois loin, très loin avec ce projet.
Tout d'abord, on va faire des stages de russe, parce qu'on comprend pas tout, et les Russes, ils parlent russe, étonnant, non ?
Puis, quand on comprendra tout, vous verrez que les choses avanceront très vite, et les esprits chagrins remballeront leur scepticisme à deux roubles !"
Je croquai un dernier cornichon de Spree, quand mon Omnimaire s'arrêta tout net en s'apercevant que je lui avais piqué le dernier cucurbitacé de la soucoupe.
Très pro sur ce coup-là, j'en profitai pour enchaîner :
"Mon divin' édile vous venez de dire Culture dieppoise, culture pas nase. Que prévoyez-vous dans un proche avenir pour ce domaine qui vous est cher ?"
-Des déguisements, des bals costumés et des danses folkloriques ! Les gens, les vraies gens qu'ont pas envie de se prendre la tête avec des trucs d'intellos, vont adorer. Regardez autour de vous comment ici tout le monde s'éclate au Kazatchoc. A Dieppe, c'est pareil, les vraies gens veulent se marrer. Pendant ce temps-là, ils oublient que la Crise percute de plein fouet... et tout et tout.
Et puis, si le club de Tricotin de Tous- les- Mesnils a réussi à faire venir Rika Zaraï herself pour le Kazatchoc, je vois pas pourquoi on n'y arriverait pas à Dieppe. Il faudra que j'en parle à Béate ..."
J'interrompai respectueusement mon Omnimaire :
" Justement, Béate arborait l'autre jour en Conseil une nouvelle coiffure toute lissée -ce qui la vieillissait un chouillat, je trouve- Mais, bon ! Faut-il percevoir ce changement comme un signe fort pour la démocratie participative.... parce que, changer de coiffure n'est pas anodin quand même !
Regardez Lady Di, quand elle a divorcé, elle a changé de coiffure... "
Il me rétorqua narquois :
"Vous manquez d'imagination, pour une spécialiste du dress-code. C'était une coiffure spéciale "Semaine du Développement Durable", une mise en plis HQE, c'est à dire Haute Qualité Environnementale. J'aime l'idée que les élus illustrent selon leur goùt, les temps forts dieppois, temps forts de choix. Il y aura d'autres initiatives encore plus audacieuses, vous verrez... quand on aura la semaine Uralchem,
Ce sera Dingue de chez dingue !!!"
Puis, mon Omnimaire qui m'avait accordé beaucoup de temps dans sa vie si intense, est reparti dans la campagne verdoyante et printanière, me laissant rêveuse devant un ultime diabolo-menthe.
Sur les platines du Thé dansant, Michèle Torr entamait "Emmmène-moi danser ce soir" et ça commencait à emballer sec chez les p'tites dames du club de Tricotin.
Auparavant, elles m'avaient demandé de garder leurs sacs à main.
Ambiance !
Bon, Michel Drucker était pas là faut pas exagérer.
Ecoutez attentivement les paroles... Vous trouvez-pas que c'est un concentré de vie de con en 2 minutes 52 ?
Allez, Boujou,
Pandora





































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